Ce concept « temps flou » est la résultante de deux lignes fortes et, dans une certaine mesure, contradictoires de mon univers créatif : le désir d’être témoin et un rapporteur de notre monde et le profond rejet de l’insupportable « netteté » de ce monde tel qu’il nous est présenté. Le flux permanent d’images qui nous parviennent par tous les supports possibles présente, globalement, la caractéristique d’être d’un réalisme difficilement soutenable. L’amélioration exponentielle des procédés de captation aboutit à un degré de véracité qui paradoxalement, à mon sens, accroît le mensonge des images. Tout se ressemble, rien ne choque plus et le sens, pris dans la forme normative actuelle, ne laisse plus la place qu’à une grande lassitude. J’ai décidé de lutter contre cet état de fait en travaillant sur deux éléments : le temps et le « net ». Temps flou est développé autour d’une idée simple : un plan fixe d’une durée variable mais relativement longue et une image (traitée à la prise de vue) qui casse les codes du rendu réaliste. Tout cela n’est pas révolutionnaire mais s’inscrit dans une tentative de poser des codes formels différents. Une conception de Christian Lajoumard       Togo Lomé Quartier d’Adidogomé Devant la maison de Danaye – 49′ – 2012